Sortie Isère du 1er au 3 mai 2015

Un WE incertain et original

Incertain car dès le lundi Ale s’intéresse au débit de l’Isère qui atteint des niveaux à ne pas mettre une pagaie dans l’eau : 110m3/s annoncés, les rivières sont en crues et des arbres jonchent le parcours rendant la navigation dangereuse. La sortie semble compromise mais Ale a confiance.

Incertain aussi vu le faible nombre de participants : 3 (Ale, Pierre et Guillaume). Impossible de prendre le minibus pour des raisons budgétaires, il nous faut donc opter pour les voitures perso dont la mienne, sans barre de toit. Ale poursuivra sa route sur l’Italie le samedi soir, il nous faudra donc rentrer en Honda Civic Pierre et moi le dimanche. Un Burn M, un Détox L, tout le matos de navigation pour 2, le matos de camping (tentes, matelas), les fringues, une paire de skis ça ne rentrera jamais ! Et bien si, elle est magique cette voiture ! Une paire de skis ? Ah oui j’oubliais le fantasme d’Ale : naviguer sur l’eau que l’on a skiée la veille. Nous ferons l’inverse (comprenez comme vous voulez).

Qu’importent donc les difficultés, la décision est prise le jeudi soir de maintenir cette sortie et rendez-vous est donné à 7h30 au local du CKTSV pour le chargement. Nous apprenons que le club de la Mulatière naviguera avec nous (ou inversement) et nous nous retrouvons à sept au départ à Landry, au bord de l’Isère qui coule à 30m3/s. Ale et Pierre avaient raison d’y croire.

Petit message perso : Merci à Yves, Alexei, Pierre-Yves et Bilal d’avoir accepté de naviguer avec moi, de m’avoir prodigué moult conseils et d’avoir assuré ma sécurité quand j’ai nagé. Pas certains que nous aurions fait cette descente sans eux avec ce niveau d’eau.

Guillaume

On commence à se poser quelques questions sur le débit dès Landry, car la vitesse nous paraît quelque peu excessive, et les gravières…quelles gravières ? Arrivés aux rapides d’Aimes (Landry-Gothard en moins de 5 minutes, ça court vite !) on se met en formation, Yves devant avec son petit Shark ; la « machine à couper les jambons » n’aura aucun tribut de notre part, mais des 400 mètres bien creusés auront raison d’un Guillaume qui pourtant n’avait aucune intention de lâcher son eskimo : chapeau pour la persistance. Grande bagarre pour la récup, le bonhomme s’en sortira finalement tout seul après quelques bonnes dizaines de mètres en mode montagnes russes, tandis que le Russe du groupe arrive à sauver Ale en appui très très (très) penché et à leasher en même temps le bateau en détresse : monstrueux. Franchement, on est content de l’avoir avec nous ! Le reste des rapides passe avec moins d’émotions. Moutons, vignes, desserts… tout passe bien, ça slalome fort, on se démène pour éviter les rouleaux et les trous ; de cailloux il n’y en a pas des foules. L’arrêt pour le pique-nique au fond des rapides est écourté par un orage violent, qui nous repousse sur l’eau (selon le dicton jamais contredit : on sera mieux sur l’eau).

Alessandra

Fin de navigation, nous nous dirigeons vers BSM (Bourg-Saint-Maurice) pour jeter un œil au bassin international. Ca pousse fort, très fort mais personne sur l’eau, pas un slalomeur à l’horizon. Dommage.

Retour au camping pour monter les tentes, accueillir Michele qui arrive de Lausanne et profiter de la piscine chauffée à 30°C. Ce soir nous ne saurons pas si les talents culinaires d’Ale égalent ceux de Brigitte car le dîner est pris à BSM au restaurant « Le Tonneau » que nous recommandons vivement.

La nuit il pleut, pas mal même. Je me réjouis de la poudreuse que nous allons trouver au sommet de la Grande Motte. A 7h30 changement d’habits de lumière, nous enfilons vêtements de ski, chargeons skis, chaussures, bâtons, casques et partons direction Tignes Val Claret. Pierre, lui, reste à Landry pas encore tout à fait remis d’une blessure au genou. Il ira naviguer sur le bassin de BSM et s’auto-récupèrera une fois. Il est trop fort.

A Tignes il fait beau, très beau. Crème solaire de rigueur. Comme prévu nous trouvons de la neige fraiche au sommet de la Grande Motte. Ale, en snowboard, découvre les joies du hors piste (disons plus modestement « à côté piste » : ze pied, les gars ! Vivement la réouverture des stations, rendez-vous à Tignes le 15 novembre prochain) et je me régale à tracer dans la poudreuse un 9 mai. Soyons honnête, en bas ça se transforme vite en soupe là où la neige résiste aux assauts du soleil et, dans l’herbe, les marmottes affamées sont à la chasse à la nourriture. Je montre à Ale comment parler à l’oreille des marmotte en imitant leur cri. A notre surprise l’une d’elles nous répond en criant à son tour pendant plusieurs minutes. Nous apprendrons du gérant du camping qu’à cette période elles poussent les jeunes hors du terrier et les expulsent sans ménagement vers d’autres tribus pour éviter la co-sanguinité.

Retour à Landry après une petite bière « thérapeutique » en terrasse au Val Claret. J’y retrouve Pierre et le remotive à aller naviguer sur le bassin tandis qu’Ale et Michele prennent la direction de l’Italie. Nous terminons notre séance rivière par une grosse séquence fou rire de toboggan en kayak sur le plan d’eau.

Le lendemain, même programme rivière et toboggan. Pierre parle à un néerlandogermanosuisse que l’expérience semble intéresser. Qu’à cela ne tienne il enfile la jupe par-dessus son short et c’est parti pour une longue glissade, premier rebond sur le plan d’eau, deuxième rebond et….dessalage. J’ai à peine le temps de parcourir le mètre qui me sépare de lui qu’il est déjà hors du bateau. Il fait beau, le short sèchera vite.

Et « sauf le saucisson », tout a une fin, retour sur Lyon en milieu d’après-midi pour profiter d’un repos bien mérité.

Guillaume.