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Compte-rendu séjour Pallaresa du 5 au 10 août 2013

Dimanche 4 août

Après un voyage en ordre dispersé rythmé par les SMS et coups de téléphone pour retrouver le nom et l’adresse du camping, et un camion un peu plus lent que d’habitude en raison des 300 kg de graines chargées dans le coffre, nous nous retrouvâmes tous à ce dernier, dont nous avions fini par retrouver les coordonnées – que j’ai pris soin d’oublier depuis.

Semi-désert et situé au bord de la Pallaresa, raison de notre visite et source de tous les désirs – du moins avant de rencontrer Carla -, le camping offre ce que l’on attend d’un camping. Nous perdons pas de temps avec cela.

Lundi 5 août

En ce lundi ensoleillé, nous sommes sur le pied de guerre à 8 heures du matin. Nous sommes une dizaine, amassés sur la petite plage attenante au camping, les yeux brillants, voire anxieux, rivés sur le filet d’eau qui coule dans le lit de la rivière. La rosée de la nuit mouille encore nos jupes, le léger tremblement de nos cuisses trahit notre excitation, les pagaies sont fermement tenues en main. Nous guettons le lâcher. Personne n’en connait les horaires exacts, le topo date du début du siècle, et les rumeurs les plus folles courent sur leur brièveté et leur sporadicité. Parmi nous, quelques vieux sages nous parlent de rafts, de touristes et de la combinaison des deux qui rend peu probable l’éventualité d’un lâcher à 8h30 d’une durée de 15 minutes, mais la fougue et l’anxiété ont leur propre logiques que la raison ignore, et la sagesse n’a jamais gouverné le monde – nous en aurions entendu parler.

L’attente fut longue, très longue, mais tels des groupies de Britney patientant devant la Halle Tony Garnier en plein hiver dix-sept heures avant l’ouverture des portes, notre détermination ne flancha pas un seul instant, et lorsque le Michel, muni de ses jumelles à 2 SMIC la lentille, hurla « EAU ! EAU ! EAU ! », il n’y eut qu’une paire de mioches espagnol pour croire à une visite surprise du Père Noël – ce qui obligea Michel à hurler « AGUA ! AGUA ! AGUA ! » pour dissiper les doutes (les mioches repartir pleurer dans les jupes de leur mères, occupées, comme il se doit, à faire la lessive – ou peut-être était-ce la vaisselle – en tout cas, ce n’était certainement pas à changer le joint de culasse).

Dans une bousculade généralisée, nous nous frayâmes un passage à travers nos hiloires respectifs, poussâmes sur tout ce qui se trouvait sous notre pagaie pour retrouver le bonheur simple et jouissif qu’est la flottaison. Destination : Collegats. Obstacle principal : le Pastis, rapide de classe IV qui remporte haut la main le concours du nom de rapide le plus ridicule.

Retournons-nous un instant sur le passé. Un évènement, tout d’abord perçu comme mineur, a été omis dans les paragraphes précédents. Entre 7 et 8 heures du matin, nous avions envoyé les plus excités d’entre nous faire la navette, et déposer Maryvonne à mi-chemin, au début de la partie P6 (Gerri de la Sal). Parenthèse close, revenons au présent.

Après quelques portages et autres bains – dont un de Bertrand qui ne compte qu’à moitié car provoqué par Michel, qui a passé le reste de la semaine à se confondre en excuses -, nous rejoignîmes Maryvonne, qui avait donc passé les six dernières heures à surveiller la montée des eaux, sans jumelle qui plus est (mais est-on vraiment capable d’utiliser sérieusement des jumelles à cet âge ?). Conséquence directe : son enthousiasme était intacte, sa détermination à l’épreuve des balles, et sa confiance inébranlable. Quelques kilomètres plus bas – était-ce l’enthousiasme qui était retombé, la détermination qui avait fléchi, ou la confiance qui subissait de plein fouet l’augmentation du rythme cardiaque ? -, au détour d’une vaguelette, la gite n’est pas synchrone, la pagaie reste en l’air, et c’est le chavirage. L’intrépide Denis, d’une gigantesque circulaire (rayon de courbure estimé : 49 mètre), oriente son Cerro sur Maryvonne, et une douzaine de coups de rein, de pagaie et de corde, parvient à rassembler la pagaie, le bateau et le corps sur la berge. Fier de son acte de bravoure, gonflé de la satisfaction inhérente à cette action salvatrice, il décide de prendre deux minutes pour s’asseoir sur le kayak de Maryvonne, prenant l’attitude du mâle triomphant. Dans le coin de son champ de vision, il perçoit une forme, une couleurs – peut-être une odeur ? – qui lui est familière. Il dirige son regard vers cette apparition, derrière le dosseret, et s’exclame : « Mais c’est mon slip, ça, Maryvonne ! ».

Oui, lorsque la navette l’avait déposé, Maryvonne avait embarqué les affaires sèches de Denis par mégarde en prenant ses affaires de kayak. Bien sûr, la voiture était déjà repartie quand elle s’en aperçut. Vous savez maintenant où il ne faut pas laisser vos affaires sèches…

Le midi, c’est graines en sauce.

Nous avons terminé avec la partie la plus folklorique de notre séjour. La suite n’a été que professionnalisme et nourriture saine pour chevaux. Je serai donc bref.

Mardi 6 août

La traditionnelle Classique, de Llavorsi au camping. Certains ne naviguent pas pour diverses raisons (affaires oubliées au camping, indisposition féminine, vous voyez le tableau), d’autres s’arrêtent avant les 4x200m (vous voyez le tableau). Tout se passe bien, nous mangeons des graines, ceci explique cela.

L’après-midi, c’est piscine au camping, suivi d’un enquête pour retrouver mes affaires qui ont été volées par des Scouts – tout fout l’camp.

Mercredi 7 août

De Rialp au camping, en passant par une session surf à Sort. Les hommes montrent les muscles tandis que les femmes les regardent avec admiration sous la pluie. Quelques passages scabreux après le bassin de Sort nous offrent un peu de distraction avec des bains en tout genre. A croire que certains n’ont pas mangé toutes leurs graines. Brigitte leur fait la morale et leur offre son livre « manger sain même quand on est malsain ». Michel a droit à un exemplaire dédicacé par Carla – il en a les larmes aux yeux.

Le soir c’est volley, je me retrouve avec que des filles, donc on perd.

Jeudi 8 août

Le matin, les hommes réparent la remorque pendant que les femmes font la cuisine. Tout ne fout pas tout à fait le camp, finalement. Résultat : une remorque presque neuve et une salade de graines à faire pâlir de jalousie un diététicien équestre.

L’après-midi, on retourne sur la Classique avec presque tout le monde. C’est plus volumineux que mardi, et il faut croire que Nadia et Bertrand n’ont pas mangé assez de graines. « Double ration la prochaine fois », hurle Brigitte depuis le contre.

Soirée couscous-guitare. On évite les chants basques car même si on a fait la Classique – le projet d’une vie -, on tient encore un peu à la vie. On se concentre donc sur des chanteurs morts pour ne pas prendre trop de risque.

Vendredi 9 août

Du camping à Collegats. Le Pastis donne du fil à retorde au topo duo qui finit en travers dans le rouleau. Je vous laisse imaginer le bilan. Quelques femmes nous rejoignent au début du P6, un homme nous y quitte. Larmes. Fait marquant : un étude expérimentale nous permet de déterminer qu’il faut être cinq personnes, dont des Basques, pour retourner Hercule, exploit que seul l’infran de la Souloise avait réussi à réaliser auparavant. Reste à déterminer si les 25 kg de graines mangés par Hercule depuis le début de la semaine a pu biaiser ce résultat.

Samedi 10 août

On refait la Classique. Nous assistons à un psychodrame de couple que je ne préfère pas dévoiler. Il n’est jamais bon de remuer le couteau dans la plaie si longtemps après, surtout que la peau peut avoir cicatrisé autour de la lame entre-temps. Le soir c’est barbecue, DE LA VIANDE, ET MEME UN DESSERT ! On n’en croit pas nos yeux.

Conclusion

Et si on faisait un petit McDonald’s ?