Au départ de Lyon, nous sommes 5 à partir: Benoît, Colas, Denis, Lionel et Marc. La tendance générale est au bateau court. Et oui, je mets de côté le Hurricane pour les grosses rivières depuis que je me suis fait attraper la pointe arrière sur la Durance -dans les gorges de Prelles, en plein milieu d’un gros passage où le dernier truc qui me serait passé par la tête était bien de faire un esquimautage à cet endroit précis- au profit d’un Creeker qui prend l’eau par la pointe avant. Ce genre de choix ne préoccupe que moi, tout le monde a déjà opté depuis longtemps pour des bateaux courts.

Sur le chemin, 4 grenoblois se joignent à nous et nous attaquons la route de montagne pour la vallée du Vénéon. Arrivés à Bourg d’Oisan, la route se fait plus étroite, plus pentue et les lacets commencent. Nous apercevons la rivière en contrebas et le dénivelé de la route nous donne une idée de la difficulté de la rivière ! Des montagnes alentour, descendent de majestueuses cascades qui rejoignent ensuite le Vénéon au fond de la vallée.

A l’arrivée du parcours, où nous laissons un véhicule, un grand parking est aménagé sur les restes d’une énorme coulée de boue et cailloux qui a dû dévaler de la montagne un jour d’orage. D’ailleurs le temps est gris aujourd’hui…

Mais déjà nous quittons Champhorent pour le point de départ sous le pont menant au camping avant la Bérarde. Le temps grignoter un peu pour prendre des quelques forces et déjà tout le monde est prêt pour embarquer.

L’eau est froide, la rivière assez étroite et les premiers rapides ne se font pas attendre. On est tout de suite dans le bain. Littéralement pour Marc… Et oui, la rivière ne nous laisse pas le temps de nous échauffer, il faut directement être opérationnel. C’est une sorte de test permettant de savoir si l’on est au point pour la suite.

Et ça va très vite. Il ne faut pas relâcher l’attention un instant car les rapides sont plutôt des escaliers que de simples seuils isolés. On est au milieu de blocs de toutes les tailles et toutes les formes, la rivière les a lentement polis et creusé son lit au fond de la vallée. Pas de temps pour admirer le granit blanc et lisse qui nous entoure. Je fais attention à ne pas fermer les yeux trop longtemps de peur de me faire surprendre à la suite d’une vague –qui peut en cacher une autre.

Il arrive que celui qui nous précède disparaisse brusquement à cause du dénivelé parfois important. Pas de doute, nous naviguons dans du IV quasiment sans interruption.

L’arrivée sous le pont de pierre qui enjambe le tout début des gorges achève de compléter le beau souvenir que laissera la rivière. Il annonce aussi le portage de 150m qui nous attend. Ce sont 150m de dénivelé en réalité. Alors tout le monde peste intérieurement contre le poids de son bateau, l’inconfort de l’hiloire qui scie l’épaule. La combinaison néoprène permet de bien se rendre compte que finalement, même s’il commence à pleuvoir et que le ciel est bien bouché, ça donne chaud de crapahuter avec un kayak sur le dos sur un sentier de randonnée.

Marc a été le plus malin, il s’est dit qu’il valait mieux ne pas faire la rivière en entier pour éviter ce portage pénible !

Mais tout le monde finit par se retrouver au parking. Différentes méthodes de portage sont employées avec plus ou moins de succès, les grands classiques restant sur l’épaule ou sur la tête à la manière des sherpa -ce qui permet de ne pas avoir le dos tout tordu, moi j’ai trouvé ça pas mal et le style je m’en fiche (mais ça vous le saviez déjà…).

Alors je peux vous dire que la petite bière -merci Jérôme, on a pensé à toi-, à l’abri dans le minibus alors que la pluie s’intensifiait, avait un super goût.

Denis

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