Participant : Killyan, Thomas, PY, Clement, Bertrand, Marc
Pour cet été suffoquant, le Chalaux nous accueillait dans une configuration peu habituelle. Avec les restrictions d’eau qui touchent une grande partie du pays, le lâcher était exceptionnellement fixé à 4 m³/s, bien loin des 5 à 6 m³/s auxquels les habitués du Chalaux sont généralement accoutumés.

L’expédition était composée de six aventuriers au départ local, puis rejoint par Marc sur place. Comme souvent, la logistique fut exemplaire. Chargement, départ et organisation avec une efficacité presque militaire. Tout semblait annoncer un week-end parfait… jusqu’au premier obstacle.
Arrivés au péage, on est stoppés par un étrange personnage coiffé d’un chapeau rappelant ceux des mariachis mexicains. Après plusieurs longues minutes passées à contempler une barrière obstinément fermée, il m’a fait comprendre que la situation ne pouvait être résolue sans mon intervention. Me voilà donc forcé de quitter le confort de mon véhicule pour l’aider dans sa quête ultime : appuyer sur le bouton « Assistance ». L’esprit de bienveillance activé, j’accomplis cette noble mission et la route put reprendre.
À mesure que nous approchions du Chalaux, le paysage du Morvan offrait un spectacle contrasté. Certaines zones conservaient encore leur magnifique manteau vert tandis que d’autres arboraient déjà des couleurs presque automnales. La sécheresse avait laissé ses marques.
Notre camp de base fut établi au Camping Évasion (super bien placé, a quelque minute de l’embarquement). Seul point noir de l’installation : une unique clé pour accéder aux sanitaires. Une organisation qui nous a demander autant de stratégie qu’une navigation dans les rapides. Stratégie qui ne s’est d’ailleurs pas révélée particulièrement efficace puisque, le dimanche matin, je me suis retrouvé sans clé, n’ayant pas vraiment compris où celle-ci avait terminé sa nuit. Pour le reste, rien à signaler.
Pour plusieurs du groupe, qui découvrait le Chalaux, chaque rapide fut une aventure à part entière.
La célèbre Piscine à Billes impressionna dès les premiers coups d’œil. Depuis le bord, le rapide paraît taquin et intimidant pour une première mise à l’eau. Pourtant, après avoir affronté les monstres qui suivent, il finit presque par sembler accueillant.

Le 400 mètres remporta quant à lui tous les suffrages. Une succession de mouvements, de contre-courants et de possibilités infinies. Pour les amateurs de stops, c’est un véritable terrain de jeu. Treize stops auront été comptabilisés sur une seule descente, avec la ferme intention de battre ce record l’année prochaine.
Les Pertes des Veaux, observées depuis la berge, donnent une impression de puissance. Mais une fois sur l’eau, tout se joue dans le placement, la trajectoire et la fameuse giclée finale. Une démonstration parfaite que le mental compte parfois autant que la technique.


Enfin, Courtibas permit à chacun de jouer avec le courant dans un rapide volumineux et ludique. Trois stops sont possibles : le premier, à droite, est indispensable pour pouvoir réaliser les suivants ; le deuxième, à gauche, est un peu mal pavé ; et le troisième, au milieu, se trouve sous une roche qu’il faudra éviter soigneusement pour ne pas finir sur le toit. Une chose est sûre : le bain y est rarement confortable et peut laisser quelques souvenirs aux fessiers des plus téméraires.

Bilan du samedi : 2 bains pour Clément, 1 pour Thomas. PY, Bertrand et Clément enchaînèrent trois descentes du Chalaux dans la journée. Moi, Marc et Thomas deux. Le soir, Laurie et sa minette Matchka nous rejoignirent pour partager l’apéro. L’occasion de refaire les descentes du jour, d’exagérer légèrement certaines trajectoires héroïques et de préparer celles du lendemain.
Le dimanche, le réveil fut compliqué sous une radée, pourtant très attendue, mais pas vraiment agréable ni pratique pour plier les bagages. Disons que la météo avait décidé de nous rappeler que le Morvan pouvait aussi avoir son petit caractère.
Pour la navigation, même parcours que le samedi, que nous avons pu refaire deux fois. Nous avons été accompagner par un habitué du Chalaux, Stéphane, qui viens tous les dimanches de l’été avec son gonflable. On notera 2 bains pour Clément, dont un particulièrement mémorable, puisque son bateau a décidé de poser bagages dans Courtibas. Il fut finalement rattrapé par PY.
Un week-end fort sympathique qui, malgré un niveau d’eau inhabituellement bas, restera comme un excellent millésime pour ce Chalaux 2026 : de la bonne navigation, des paysages magnifiques, quelques bains mémorables, beaucoup de rires et, surtout, une belle aventure partagée entre copains.
Quelques points de vigilance :
- Les contre-consignes entre encadrants peuvent rapidement générer du stress chez les pagayeurs les moins expérimentés. Il est essentiel de parler d’une seule voix afin que chacun sache précisément quoi faire.
- De la même manière, un briefing clair en début de navigation reste indispensable. Les gestes, signaux et consignes de sécurité doivent être explicités et compris de tous afin d’éviter les hésitations et les incertitudes une fois sur l’eau.
- Les navettes peuvent vraiment impacter le temps et l’énergie des conducteurs. Prendre un temps avant la navigation pour caller cette logistique peut faire la différence.
Mention spéciale à PY qui nous a tous transmis son amour pour le Chalaux.

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