L’Ain mais pas l’autre

Jurassic Paddlers, 17-18 février

Une fois n’est pas coutume, il n’aura fallu que quelques échanges de mails (contre les 40 habituels) pour qu’un petit groupe de 3 personnes se décide à naviguer le week-end du 17-18 février.

Rendez-vous est donné à Raph, Guillaume B. (alias Gui) et Guillaume N.B. (alias Llaume) au péage de Pérouges à 8h30. Christelle, indécise la veille,  jette l’éponge.

Première étape du périple : le Borrey. Raph est chez lui, cette rivière il la connait par cœur, il l’a déboisée, bichonnée bref il l’aime bien son Borrey et veut nous le faire découvrir sous son meilleur profil. Pour nous mettre en appétit, il nous achète des croissants que l’on s’empresse de dévorer au bistrot du coin autour d’un café ; puis il nous trouve un endroit sec et douillet pour se changer (les WC municipaux) car oui, il pleut et il commence à faire froid. N’oublions pas que nous sommes en route pour le Jura et que dans le Jura, le postulat de base est qu’il y fait toujours froid.  En chemin pour le point d’embarquement, Raph nous fait remarquer que les rigoles de chaque côté de la route commencent à se remplir. C’est de bon augure pour le niveau d’eau.

La rivière débute par une chute de 3-4 mètres, ça met tout de suite dans l’ambiance. S’enchaînent quelques jolis seuils avant d’arriver au passage V(6). Le niveau est déjà bien monté, ça pousse très fort sur cette partie à fort dénivelé mais un arbre en travers du virage nous empêchera de tenter l’expérience (l’aurions-nous tentée ?). La suite est une succession de seuils entrecoupés d’un passage avec une grande glissière de 100m que Raph ne nous fera pas repérer pour conserver intact l’effet de surprise. Effet garanti ! On repère plus loin le rapide sous le pont de Badadan et chacun passe à son tour sans trop comprendre ce qui lui arrive au milieu du rapide tellement ça va vite. Petit portage au niveau d’un embâcle et c’est déjà le dernier rapide qui nous attend. Il pleut toujours, l’eau est plus verte et de retour à l’embarquement on constate que les rigoles sont quasi pleines. Ca promet pour le Jura.

Après s’être changés sous la pluie, nous reprenons les voitures direction le Jura. Llaume préfèrera le luxe, le calme et la volupté de la 308SW de Gui à la Dacia de Raph. Allez savoir pourquoi !

Au passage nous repérons la Lemme, puis la Saine. Avec 80m3 sur la Saine nous poursuivons notre chemin en direction des sources de l’Ain. La pression monte et ne retombe pas une fois arrivés aux sources. Avec 69m3 (moyenne à 40 et max à 80), une rivière qu’aucun de nous trois n’a encore faite il va falloir redoubler de prudence. Nous commencerons par un portage, un énorme tronc branchu barrant la rivière quelques 100m après le départ avec impossibilité de faire un stop (ça pousse trop et pas d’endroit pour faire un stop). Ensuite c’est une rivière à volume qui nous attend jusqu’au passage culte de la rivière : une étroiture classée infran (mais qui se passe paraît-il avec de l’eau) suivie un peu plus loin d’une chute de 10m. L’étroiture est en rive gauche, nous avons stoppé en rive droite. La rivière est large, il nous est impossible de repérer et nous prenons l’étroiture pour la chute tant ça semble bouillonner derrière. Nous poursuivons notre chemin rive droite en esquivant l’étroiture, non sans appréhension car là aussi impossible de repérer avant de s’élancer dans la pente. Nous arrivons à la chute et à nouveau après quelques hésitations nous décidons de porter. Trop d’eau pour une première, nous ne savons pas par où engager la chute (présence d’une dalle à la réception) et à trois impossible d’assurer une sécu efficace car ça file vite en réception. Mais comme le dit si bien Raph : « il faut toujours laisser un passage la première fois sur une rivière». Là ça fait deux passages sans compter la dernière chute également portée. Mais c’est bon, on a bien repéré, promis la prochaine fois on engage.

Cette rivière nous aura malgré tout bien fatigué et la neige sur la route de Champagnole aura eu raison de notre velléité de dormir sous tente. Le premier hôtel chauffé trouvé à destination remportera rapidement l’adhésion de tous malgré une protestation de principe de Raph. On tire à la courte paille, le hasard fait bien les choses, le Président aura droit au lit single, le Secrétaire devant partager son lit.

Pizza, dodo, petit déj dans un salon de thé avec croissants aux amandes, pains au chocolat. Note au passage : il faudra veiller à ne pas trop prendre de mauvaises habitudes ; le club vieillit, certes, mais quand même !

Nous voilà partis en direction de l’Angillon. Gui aurait bien aimé retenter les sources de l’Ain, Raph veut découvrir le P2 de l’Angillon avec sa grande glissière de 200-300m. Llaume s’en fiche, il ne connait pas l’Angillon. Le P1 ne manque vraiment pas d’eau avec 1,40m à l’échelle du pont, mais il en aurait fallu encore plus pour le P2 car ça gratte sur la glissière malgré une bonne pente. Dommage mais là encore c’était une belle découverte à refaire, on aura psychoté pour rien en repérant la glissière.

Il est assez tôt lorsque nous terminons, nous aurions le temps de retourner aux sources de l’Ain mais nos deux comparses Raph et Llaume sont en combi humide. Raph s’enrhume, Llaume a froid et sa cheville le lance. Retour en région lyonnaise sous un beau soleil hivernal, non sans être retourné repérer la Lemme et sa chute aux restaurant « le moulin des truites bleues ». Mais soyez rassurés, l’esprit sportif du CKTSV est sauf, point de halte gastronomique au programme.

Guillaume (oui mais lequel ?)

Aventuriers : Guillaume N.B., Raph et Guillaume B.