Semaine dans le Val Sesia, 5-11 mai 2014

De nouveau un compte-rendu rédigé à quatre mains (enfin je suppose qu’Alessandra utilise ses deux mains pour taper…). Merci Ale pour ce beau récit, je me suis contenté de rajouter quelques passages et une annexe. Denis.

Étaient présents : NicoG, Marie-Maure, Raph, Clément T., NicoLa, Denis, Alessandra. Par souci de clarté, on indiquera ici Nicolas Gauthier sous l’hypocoristique de ‘Nico’, Nicolas Laverdure sous l’hypocoristique de ‘NicoLa’.

Après beaucoup d’hésitations et de débats, une poignée d’irréductibles décide de se lancer à la découverte de cette rivière transalpine, vraie perle de ce que l’hydrographie italienne peut offrir au kayakiste. La période est idéale, les niveaux sont au rendez-vous.

Lundi 5 mai

Après le pont du 1er mai, le départ est donné en formation éparpillée : Alessandra passe faire un coucou à sa famille et converge avec Clément T., qui a fait un détour du côté de Nice, au centre commercial de Romagnano Sesia, où les premières courses sont faites. Là, ils retrouvent Raph, Denis, Marie-Laure et NicoG qui, à bord d’une Ferrari maquillée en Logan, ont assuré un Lyon-Romagnano en 4 heures nettes. C’est sûr, le trafic en Italie est très fluide, ou bien on peut le faire devenir fluide.

Sous un grand soleil et après un déjeuner en bord de rivière, tout le monde a envie de se mettre à l’eau, et pour booster la confiance on choisit un parcours aussi abordable que beau : Isola di Vocca-Varallo, quelque kilomètre de 3-3+ sans encombrement et très agréable à naviguer.

Arrivés en fin d’après-midi au camping ‘Il gatto e la volpe’ de Campertogno (‘Le chat et le renard’ de la fable de Pinocchio, vous vous souvenez ? c’est le **** de la catégorie camping), on charge nos 200kg de bagages sur deux brouettes modèle ‘Gare de Lyon’, le camping étant ‘voiture-free’. Pas très pratique, sans doute, mais le calme est assuré. Enfin, si on ne compte pas le fait que le terrain longe l’une des plus belles grilles de ce tronçon du Sesia, autant dire qu’on a l’impression de dormir à côté d’une chasse d’eau permanente. Mais on n’est pas là pour ça ? Et puis on se dit que le bruit rassurant de la rivière couvrira les intempérances sonores de nos voisins anglais/tchèques/irlandais/grecs/russes, le camping étant à cette période une espèce d’auberge espagnole pour kayakistes.

Campertogno

Campertogno

Mardi 6 mai

Un temps plus incertain nous accompagne vers notre première, vraie approche au Sesia. Le programme : matin Mollia-Piode, après-midi Piode-Scopello, avec possibilité de s’arrêter, en cas de fatigue, ou de pépin, au camping.

On embarque sous le beau seuil qui clôt l’impressionnant enchaînement de Mollia, que certains d’entre nous inspectent goulument (un rapide sur dalles en 6, avec 500 mètres de sortie en 5 : ça vous tente ?). Ce qui nous attend est moins spectaculaire, mais plus à notre portée : quelque superbe kilomètre de 3-4, de belles grilles plus ou moins engagées, ça tire tout le long, mais sans forcer. Nico se dit satisfait de son épreuve et nous fausse compagnie après le rapide qui traverse Campertogno, sur la plage privée du camping (la classe, non ?). Le reste de la troupe enquille vers la destination prévue. Certaines, aidées par les cailloux qui jaillissent de façon inattendue un peu partout, décident que l’eau du Sesia est si fraîche et vivifiante qu’elle mérite que l’on s’y attarde. Fatiguées de cette première partie, les filles laissent les garçons poursuivre après l’infran (ex-infran ? il paraît que Dave Fusilli l’a franchi l’année dernière) de Rassa.

Après un bon déjeuner au camping, on y retourne : on est pas là pour enfiler des perles ! Le saut de Piode, vraie crux du parcours, sera l’un de nos spectacles préféré de la semaine: à chaque fois qu’on y a passe, on le regarde, de plus en plus convaincus par la trajectoire à prendre, mais pas encore persuadés de vouloir vraiment la prendre.

Les rapides sont ici plus puissants, un portage est conseillé par le bon sens, pour éviter un rappel insidieux, mais tout se passe bien. Nico trouve que le meilleur point de vue sur la rivière on l’a d’un caillou au milieu d’un rapide fort sympa et il trouve le moyen d’aller s’y garer avec son bateau. On jette un coup d’œil aux deux derniers rapides, mais ils passent comme une lettre à la poste, notamment le rapide de la pâtisserie (ils sont fort ces Italiens pour donner les noms aux rapides, non ?), dont le rouleau final, de travers, peut surprendre. La pâtisserie éponyme étant fermée, on se dirige, maussades, vers le camping pour la soirée.

Mercredi 7 mai

Pour peaufiner les lignes de Piode-Scopello (au CKTSV il y a des perfectionnistes), on se retrouve à l’embarquement de Piode, on re-inspecte le saut, qui n’a pas changé dans les 12 dernières heures, et on se laisse mouiller par une pluie fine, en se demandant si on a vraiment envie de naviguer. Alessandra assume sa paresse et se transforme en navette-girl. Son intuition lui permet de se trouver au bon moment au bon endroit, pour récupérer Nico qui, après avoir échangé quelque politesse avec son caillou préféré, perd intérêt dans la descente. Raph se fera un petit rappel d’escalade pour monter corde et bateau vers la navette-girl aussi paresseuse qu’engourdie pour descendre les chercher.

Le temps pour Nico de se changer, et on arrive juste à temps pour filmer le dernier rapide, celui avec le rouleau de travers, que Denis passe ‘comme une patate’ (cit.) : il arrive à mach2, plein milieu de l’affaire, il se fait éjecter en chandelle avec son Cerro et il disparaît derrière la falaise à droite, pour réapparaître 10 secondes plus tard, sain et sauf. Que se sera-t-il passé derrière la pavasse ?

L’après-midi s’écoule dans l’incertitude. Alessandra ayant sollicité des copains italiens pour descendre tous ensemble Otra-Mollia (le parcours que les Italiens appellent à juste titre ‘Alpin sprint’), on attend de leurs nouvelles en regardant s’alterner des orges, des percées de soleil, des arcs-en-ciel magnifiques. Vers 16h les nouvelles tombent, mais les gars ne sont pas très chauds pour descendre l’Alpin à 19h. Le parcours est court (à peine plus de 2 km) mais intense, c’est du bon 4 avec un dénivelé respectable et plein de gros cailloux qui barrent la vue. Ils y vont, donc, sans guide, sans peur : Denis, Raph et Clément. Marie-Laure reste bosser et Nico admirer la nature préservée de la vallée. Denis ouvre, on s’arrête souvent pour regarder, aviser, éventuellement porter. Sans connaître, c’est clair que ‘sprint’ est une appellation bien usurpée pour ce beau spécimen d’eau vive.

Tout se passe bien, l’équipe est solide et le parcours finalement franc, mais ça met du temps. Alessandra et ses potes auront le temps de croiser les trois qui débarquent à Mollia avant de monter à leur tour. Embarquement à 19h20, mot d’ordre : faut pas déconner. Et en effet, avec deux guides qui connaissent le parcours comme leurs poches (ils le font une fois par semaine en sortant du bureau, les salauds), la descente est expédiée avant que la nuit tombe, mais parfois un eskimo (ou trois) sans faute et beaucoup de chance font du bien au moral !

Jeudi 8 mai

Pendant la nuit, des mouvements et des lumières louches autour de nos tentes nous font croire que des OVNI ont atterri au Gatto e la volpe. Mais au réveil on réalise que c’était NicoLa qui nous a rejoints de Lyon. Comment il a fait pour déménager ses affaires à la brouette et trouver notre campement, au fin fond du terrain, dans le noir, c’est un mystère. En échange, on perd Clément T. qui part jouer avec les grenoblois et autres stéphanois. Mais on se reverra.

Pour remercier NicoLa d’avoir amené enfin le beau temps, qui ne nous quittera plus de la semaine, on l’amène découvrir notre premier parcours, auquel on rajoute quelque rapide sympa, en partant de Balmuccia, lieu mythique des gorges du Sesia, un peu trop en eau, que l’on laisse pour un prochain stage.

L’après-midi, séduits par les forêts environnantes et désireux de profiter des beautés de la vallée, un groupe (Raph, Denis, NicoLa et Ale) se dirige vers le torrent Artogna, tandis que Marie-Laure continue de se reposer et Nico de guetter les aigles. Le chemin grimpe bien, jalonné par un chapelet très peu rassurant de croix avec fleurs et cierges, et on imagine ce qu’il en est de la rivière en contrebas. On sait qu’elle a été naviguée, mais que les kayakistes se sont faits hélitroyer à l’embarquement. En mode ‘randonneurs’ en s’en préoccupe très relativement, mais le spectacle des cascades de 15 mètres qui plongent dans des piscines verticales ne nous laisse pas indifférents. Paresseuse et peureuse comme d’hab, Ale décide de rebrousser chemin juste avant d’arriver à une belle clairière enneigée, une terrasse époustouflante que Denis lui avait bien prédit en regardant les arbres se raréfier, mais quand l’homme manque de foi…

Le soir, on apprend la nouvelle tragique de l’accident de Fred Bernard sur le Sermenza. Au dîner, tout le monde est absorbé dans ses pensées, seule la tristesse est commune.

Vendredi 9 mai

Un matin radieux. L’invitation idéale pour partir sur le seul affluent du Sesia abordable par notre bande de bras cassés (enfin, pas tous). Le Mascarpon… oups, je voulais dire le Mastallone coule dans une belle vallée forestière, pointillée par des villages photogéniques, se faufile dans une gorge merveilleuse, malheureusement trop courte, et descende sans trop d’aspérités pour mêler ses eaux d’émeraude avec celles, blanches d’écume, du Sesia sous les contreforts de Varallo.

Marie-Laure, Raph, Denis et Ale n’en peuvent plus de tremper leur pagaie dans ce paradis. Le niveau est moyen-bas (50cm à l’échelle), mais largement suffisant pour une première. Personne ne connaît le parcours et on sait qu’il y a un passage 5 très moche, assaisonné d’un siphon, à l’entrée de la gorge.

NicoLa et Nico assurent le service navette, photo et repérage : merci beaucoup !

Quelque centaines de mètres d’échauffement puis on entre dans le vif du sujet. Rien de bien méchant, mais de belles grilles, avec gros blocs qui ne permettent pas de voir jusqu’au bout. Le cadre est tellement beau, l’eau tellement transparente qu’on arrive presque à envier Marie-Laure qui prend l’initiative de s’y baigner. Premier obstacle : le ‘frullatore’ ou ‘mixer’ qui porte bien son nom, mais qui, par ce niveau, n’est pas spécialement intimidant. Tout le monde le passe avec entrain, chacun avec son style. Les Nicos nous avertissent à temps de l’arrivée des gorges, on porte sagement, en renonçant à prendre le dernier stop réservé aux Denis et aux Raph de passage. La gorge tient ses promesses, et les deux rouleaux qu’on avait étudiés dans les détails en regardant les vidéos de nos amis anglais au camping ne sont pas méchants. S’il n’y avait pas à remonter 30 mètres de falaise, on répèterait bien l’expérience. RAS par la suite, sauf le paysage constamment au dessus de la moyenne et la rencontre d’Ale avec une falaise évidemment surgie de nulle part à son passage, juste pour la narguer. Trois eskimos suffiront pour la sortir de sa mauvaise passe.

On débarque en amont du rapide des Allemands, rejoignant la route par un sentier ‘bien tracé’ dixit Denis : on a sorti les bateaux à la corde, plongés jusqu’aux genoux dans la boue ou en faisant des glissades sur de la pierre lisse à 20% de pente.

[ce compte rendu est beaucoup trop subjectif, j’ai plutôt dit qu’il y avait un petit chemin pour remonter, qu’il débouchait sur la route et qu’il était plus court que celui rive gauche qui montait haut pour mieux redescendre !]

Il est un peu tard pour aller se préparer un bon gueuleton au camping, on décide donc de manger vite fait à Varallo. Vite fait… on tombe sur un kebab polyglotte qui doit avoir passé notre commande directement à Istanbul car il nous faut attendre 45 minutes pour obtenir notre pauvre sandwich. Mais la ville est si jolie qu’on va prendre un café sur la place bordée de palais du XVIe siècle, on achète des cartes postales (notamment pour notre président, mais va savoir où elle est passée celle-là) et on rentre juste à temps pour la deuxième navigation de NicoLa, Marie-Laure, Ale et Raph.

On se dit qu’un départ du camping sera pratique : oui, pratique, mais plein de pièges. On récupère du petit matériel, des hommes, des femmes, des bateaux sur 2 km ! Le niveau est monté, les vagues se creusent et se font moins amicales. Nico nous quitte à Rassa, mais on arrive en même temps à Piode, lui en courant, les autres en bateau.

Tout le monde débarque sous le regard semi-endormi de Denis, qui se prélasse au soleil dans son hamac, installé entre deux arbres, bercé par le bruit du saut de Piode en contrebas. C’est une belle soirée, le coucher de soleil nous caresse les casques. L’atmosphère romantique doit inspirer Raph qui, après avoir fait la cour depuis le premier jour à ce sacré saut de Piode, s’y lance. Pendant qu’il répète les coups de pagaie et la gîte, la sécu se met en place.

NicoLa du haut du pont fait des signes et est le seul témoin de l’exploit. Marie-Laure rôde dans son bateau à la sortie de la chute, Ale se retrouve liée comme une saucisse, avec le pied de Denis dans le dos, prêt à la catapulter dans l’eau.

Mais le Raph est infaillible : d’en bas, on ne voit que l’atterrissage, mais la ligne devait être parfaite (d’ailleurs, s’il s’était raté, on l’aurait vite su, et son dentiste aussi).

Pour fêter les joies de la journée et pour échapper pour une fois aux pâtes au chronomètre des Italiens (viiite, 11 minutes 51 secondes !), qui auront hanté les repas du stage, on se concède une bonne pizza au resto du camping.

Samedi 10 mai

La faute à la pizza, peut-être, ou à ces gros dégueux des habitants de Piode, Raph se réveille sans trop la forme, et sûrement pas avec la forme requise par l’Egua, vers lequel se dirigent un pagayeur prêt à en découdre (Denis) et trois accompagnateurs autochtones, les Nicos et Ale. Partis avec des Italiens et des Franco-Italiens (il y a de tout sur le Sesia), on retrouve à l’embarquement plein de petits copains français, parmi lesquels Clément T.

On ne décrira pas la vallée superbe, isolée mais ensoleillé et gaie, et on laisse la parole au protagoniste :

La route pour monter à l’embarquement donne une idée impressionnante de la pente qui nous attend sur la rivière. Les lacets sont serrés, tout comme le seront les cailloux sur l’Egua ! Le pont de l’embarquement permet de voir le premier enchaînement à négocier : un beau couloir muni de petits seuils d’orientations diverses, se concluant par un tobogan-puis-chute à prendre impérativement à droite.

La première chute de l'Egua, 100m après l'embarquement !

La première chute de l’Egua, 100m après l’embarquement ! Notez que l’image est penchée, en réalité c’est bien plus pentu 😉

Sacré échauffement ! C’est un peu le test pour savoir si on a envie de continuer. Clément tente un 360° juste avant la chute, histoire de se mettre bien en confiance pour la suite. Au début, on se pose quelques questions existentielles. Mais qu’est-ce que je fiche ici ? Pourquoi ai-je un si grand bateau jaune ? Est-ce que des pales jaune et rose fluo suffisent à naviguer dans du V ? Pourquoi n’ai-je pas oublié mes coudières afin d’avoir une excuse valable pour ne pas monter sur l’eau ? Et finalement la beauté du parcours et le plaisir d’être dans son kayak prennent le dessus.

Bon, je vous épargne la description détaillée de chaque passage. Sachez que durant la descente, nous sommes très prudents. Quelques rapides malsains sont portés, des sécus sont posées, mais dans l’ensemble tout se passe bien. [Sauf pour un certain JP, qui réussit à se retrouver en travers dans un minuscule seuil de bien 30cm de haut, reste coincé dans le micro-rouleau, lutte, se débat, sort du bateau et nage 3m pour rejoindre la berge sous l’oeil attentif mais néanmoins amusé de Lionel.] On débarque, on reconnaît, on en regarde passer un ou deux si possible et hop il faut se lancer. Glissières, seuils, chutes, dévaloirs, slaloms entre les rochers ; rouleaux à franchir dans l’axe, de travers, à éviter, à utiliser… Un régal très varié de rapides tous plus appétissants les uns que les autres.

Après une pause-déjeuner bien tardive au camping, on retourne à notre premier amour, le parcours Balmuccia-Varallo que l’on connaît désormais par cœur. Mais on n’est pas à l’abri de surprises ! Comme ces deux eskimos de NicoLa, impeccables, et comme cet autre eskimo de Denis, dans un S plus costaud que les autres fois, qui lui évite une drôle de mésaventure filmée à la GoPro. À contre-jour, sa Schlegel brille dans la chaude lumière du soleil couchant et fait voler en éclat un éventail de gouttes dorées.

Au départ, je voulais faire une reprise longue et traverser le large rouleau qui barre la rivière. La reprise est trop courte, je shunte le rouleau et là relâchement de l’attention en passant tout proche de la berge, un autre trou m’attend fermement : « on va voir si ton esquimautage est encore bon mon petit ! ». Pendant que j’esquimaute, je me dis « mais pourquoi donc est-ce que j’ai dit à Marie de me suivre, dans quelle galère je l’emmène, quel idiot ! ». Une fois à l’endroit, une grosse vague -qui n’était pas là la dernière fois, tiens- m’attend et ensuite c’est le seuil entre les deux énormes rochers.

Un passage magnifique, où l’eau serpente étincelante dans le contre-jour de cette fin de journée. Il y a vraiment plus d’eau que la dernière fois !

Dimanche 11 mai

La péroraison d’Ale pour faire l’intégral du Sesia ayant été rejetée à plates coutures, on organise le retour sans se hâter. On remballe, on charge, on paie (on est tellement sympa qu’on nous fait même une remise), on part, mais non sans s’arrêter faire les courses de précieuses denrées alimentaires italiennes. On dévalise le supermarché et on remplit les voitures à ras-bord, en espérant que les taxes douanières n’ont pas été réintroduites depuis notre départ. On déjeune une dernière fois au bord du Sesia, à Romagnano, on s’offre un petit café avec l’argent de la remise et, la fatigue mêlée au bonheur, on repart vers le Fréjus.

(suite…)

Par Denis, il y a

Samedi 4 janvier 2014 : Ormèze et Duzon

Ou comment savoir renoncer !

Au départ de Lyon, nous sommes trois courageux pour cette première navigation de l’année : Raph, Benoît et Denis.

Destination : le Duzon, affluent du Doux dans le nord de l’Ardèche, classe 3 à 5 suivant les conditions !

Les troupes sont motivées, cela fait une semaine qu’il fait mauvais et doux, une aubaine pour les kayakistes extrémistes que nous sommes. Plus il pleut, mieux c’est ; enfin on verra un peu plus loin que parfois ça dépend quand même.

La route se fait sans souci particulier -il pleut donc tout va bien-, seule une sangle ou deux se mettent rapidement à vibrer et rendent impossible toute conversation dans la voiture. Bref, une sortie de kayakiste classique. Un arrêt permet quand même de dévriller les sangles et par là même de rentre le voyage plus agréable. Au club de Tournon sur Rhône, nous retrouvons JP, Gaëtan et Matthias, le local de la sortie. Toujours avoir un local avec soi, on gagne un temps fou sur la rivière car il connait les rapides. Mais cela ne doit pas ôter toute prudence au groupe, loin de là. La rivière peut changer à tout moment et un danger a pu apparaître.

Nous nous changeons doc bien au sec dans le grand hangar du club de Tournon et nous voici parti pour le départ sur un affluent du Duzon, l’Ormèze, qui paraît-il vaut le coup. Effectivement, nous embarquons sous un joli pont de pierre et commençons la descente de l’affluent qui serpente au fond d’une petite vallée sauvage, au milieu des buis couverts de mousse verte poussant à même la roche.

Un premier rapide nécessite une reconnaissance: il commence par une courte étroiture dans laquelle toute l’eau de la rivière s’engouffre (et donc le kayakiste avec !) en forme de virage à droite, suivi d’un virage à gauche juste après quoi le seuil qui finit dans un contre prison à droite (donc il faut serrer à gauche !). Plusieurs méthodes sont employées par les membres du groupe pour la franchir :

  • Mathias ouvre le passage, loupe le virage à gauche et passe donc le seuil en arrière : ça passe !
  • Denis enchaîne et passe sans encombre, comme il avait tout prévu dans sa tête (bon, il ne faut pas trop réfléchir non plus, si on décompose chaque coup de pagaie, on finit par louper la trajectoire générale hein). Il faut dire qu’avec un Cross, il faut y aller pour ne pas tourner, le bateau ne fait que ça en permanence et ça en devient fatiguant d’aller tout simplement droit;
  • JP va tâter le rocher à droite, car il finit un peu trop dans le contre-prison et n’a pas envie d’y faire un tour (allez en prison, ne passer pas par la case départ, ne touchez pas 20000€…)
  • Ben termine dans le rouleau du seuil, fait un demi-tour dans le contre -à l’envers- et sort de son bateau car sa natation est bien plus sûre que son esquimautage. Lancer de corde, récupération du bonhomme et du bateau, et… mais où est donc passée la lagaie ? Elle tournait il y a un instant dans le contre en décrivant des cercles réguliers sans vouloir sortir. Ben ira donc la chercher, encordé à la nage dans le contre : elle s’était coincée sous la roche creusée par le mouvement d’eau régulier et perpétuel !

Parfait, tout le monde peut repartir. La suite est une succession de très jolis passages, nous naviguons dans la rivière ayant creusé son chemin dans la roche mère de la montagne.

Nous arrivons ensuite sur le deuxième gros seuil de l’Ormèze. Le passage attaque à gauche par un petit virage à droite ponctué d’une jolie vague et ensuite un virage à gauche ce coup-ci pour retourner dans l’axe de la vallée et finir dans un dévalloir tout blanc avec de l’eau soulevée par endroits par des rochers que l’on devine planqués sous les 4m de la chute. Magnifique !

Tout le groupe ayant débarqué rive gauche, on ne peut voir le dévalloir final ! Seul Matthias, en face sur la rive droite, peut voir le pied de la chute et nous fait signe que c’est bon. Et bien allons-y. Visiblement, le pouce de Matthias n’inspire pas une totale confiance au groupe, à moins que ce ne soit l’absence de contact visuel avec le dévalloir pour savoir à quelle sauce on va être mangés… Je me lance donc, content d’aller dans l’inconnu (littéralement !). Un dernier coup d’oeil vers l’entrée du passage pour bien visualiser la trajectoire alors que je remonte vres mon bateau et c’est parti.

Passage sans encombre, un régal. Les pierres du fond jouent avec les carres de certains kayak pour tester la stabilité latérale de leur conducteur, mais il y a de la place pour esquimauter dans le plat qui suit.

Un dernier bon seuil nous attend ; Raphaël décide de voir comment ça fait de rester en travers dedans avec un bateau pas grand, je manque de lui tomber dessus alors que je ferme la marche.

Et nous arrivons à la confluence avec le Duzon, but originel de notre sortie. C’est large, c’est lisse, c’est marron : il y a de l’eau. Beaucoup d’eau. Le local ne reconnais pas les premiers rapides qui ne sont pas censés être si larges. Berf, en un mot, c’est le Zambèze. Un bon rapide garni de grosses vagues me permet de sortir d’un rouleau en chandelle avec mon Cross. Mais je n’ai rien demandé moi ! A ce moment de la navigation je me demande pourquoi je n’ai pas mon bon gros T-Canyon et ses 3m30 de long.

Cent mètres plus bas nous faisons le point. La rivière a manifestement monté et il reste des gros passages à négocier. Nos bateau de creek sont des coquilles de noix face aux dimensions prises par la rivière. Heureusement, Raph -toujours prévoyant- a apporté un extrait de la carte IGN -et une lampe de poche mais elle ne servira pas aujourd’hui, je vous rassure. La décision est prise d’arrêter la navigation ici. Là. Dans les broussailles, les buissons bas épineux, les chênes rachitiques et autres buis rabougris rouverts de mousse poussant dans cette vallée rocheuse.

Bon, je vous passe les détails, nous portons les kayak tant bien que mal puis nous finissons par les hisser à la cordes un par un. Aux deux tiers de la remontée, nous trouvons enfin un chemin qui monte et nous permet de rejoindre un gîte perdu en haut de la colline.

Ah oui, un détail : entre le Duzon qui coule dans sa vallée sauvage et isolée et la route il y a environ 200m de dénivelé. Heureusement que les propriétaires de la maison, nous ayant vu depuis l’autre colline avec leur autre maison sont venus à notre rencontre, en minibus s’il vous plait, pour ensuite nous ramener à l’embarquement où la voiture de Raph nous attendait sagement. Tout est bien qui finit bien, rien de cassé, et il ne fait même pas nuit.

Raph nous a concocté une magnifique vidéo.

 

(suite…)

Par Denis, il y a

Auzène – dimanche 27 octobre 2013

Quand ?
Par un doux dimanche matin de changement d’heure, après un bel orage sur la région lyonnaise. Et après des précipitations record le mercredi précédent (100mm de pluie en une journée !)

Qui ?
Au départ de Lyon, nous sommes trois : Raphaël, Aurélien, et Denis.

Et puis arrivés sur la rivière, nous retrouvons un paquet de kayakistes : des stéphanois (Bernard, Jean-Paul, …) et des grenoblois (Lionel, Christophe, Simon, …). Nous les nommerons les joyeux campeurs de la vallée de l’Eyrieux, qui se sont pris l’orage de dimanche matin comme tout le mode sauf qu’ils étaient sous la tente !

Où ?
Destination Haute Ardèche. En partant de Lyon, nous ne savons pas encore quelle sera la rivière. Ça se joue entre Glueyre, Eyrieux et Auzène. Dans la voiture, on se questionne. Tu as déjà fait la Glueyere toi ? C’était comment ? Et par rapport à l’Auzène ? Et puis au fur et à mesure que nous approchons -noyés sous des trombes d’eau au passage de Valence- la décision est prise par les joyeux campeurs de la vallée de l’Eyrieux d’aller sur l’Auzène. La Gluyere, bien qu’en train de descendre, était un peu trop haute la veille et avec l’orage du matin elle est en train de prendre !

Intégrale de l’Auzène donc : du IV, des passages V, quelques portages.

Comment ?
Oh, comme d’habitude : rendez-vous sur le parking, déballage des affaires de kayak (sèches pour les lyonnais n’ayant pas navigué la veille, mouillées pour les autres), navette et admiration de la rivière dans le fond de la vallée sous le soleil et les nuages qui se dispersent, embarquement et enfin navigation.

 

L'Auzène sous le pont juste après l'embarquement

100m après l’embarquement, la couleur est donnée tout de suite : du gros granite, de la pente, de l’eau !

Pourquoi ?
Mais pourquoi donc ne cessons nous de parcourir les rivières ? Ah mais en voilà une question qu’elle est bien bonne !

Pourquoi sortir quand il pleut ? Pourquoi se changer dans le froid ? Pourquoi tremper dans l’eau pendant des heures ? Pourquoi crapahuter sur des rochers glissants avec son kayak sur le dos ? Pourquoi passer de longues minutes à repérer un rapide pas engageant à essayer de prédire la meilleure passe sachant que ça peut très bien se passer pas du tout comme on l’avait prévu et que le rapide sera franchit en 4 secondes ? (Et pourquoi le néoprène finit toujours par sentir mauvais ?)

Parce que !
Parce que les paysages sont magnifiques, isolés, sauvages. Parce que la rivière coule dans une gorge boisée de nombreux buis et de châtaigniers plus haut. Parce qu’on n’est rien face à la puissance de la rivière, qui aura toujours le dessus. Parce qu’il arrive qu’un héron cendré s’envole à notre approche.

Parce que c’est un plaisir de jouer avec le courant, de faire un giclée sur un seuil, de couper une langue d’eau pour atterrir dans un contre-courant, de filer aussi vite que le courant, de sauter une chute de 4m après une étroiture !

Parce qu’on est confronté à soi-même, à ses propres limites. Personne ne peut décider à notre place si on va se lancer dans cette fameuse deuxième chute qu’il faut prendre bien à gauche à l’entrée, avec une bonne giclée main droite. La décision finale nous appartient, on nous de voir si « on le sent ». Tout cela en se basant -quand c’est la première fois- sur la simple observation du rapide, sur le passage éventuel d’un ouvreur (parfois dissuasif, pas souvent persuasif car on se dit qu’il a mieux géré qu’on ne va le faire).

Parce que je trouve génial d’ouvrir un passage complètement inconnu, non repéré, sur les simples instruction d’un Lionel posté sur la berge, lui seul ayant vu le rapide et sachant ce qui m’attend. Les instructions consistent en quelques gestes, le bruit de la rivière couvrant les voix. Et le passage est un IV+ évidemment, un escalier de trois bons mètres qui finit dans une belle vasque entourée de granite ! C’est une histoire de confiance, de connaissance du groupe.

(suite…)

Par Denis, il y a

Semine – samedi 5 octobre 2013

Sortie à la journée sur la Semine, parcours P0 (de Belleydoux à Moulin Neuf), vers Saint-Germain-de-Joux. Niveau d’eau: 16m3/s à la station de Châtillon-en-Michaille (encore moins que les 20m3/s de la dernière fois). Des passages IV, des chutes, un X.

La fine équipe: Raph, Clément (ni J., ni S., encore un autre), et Denis.

Nous partons à trois de Lyon, Alessandra ayant gentiment organisé la sortie mais préférant aller naviguer en bassin. Direction Nantua pour aller sur la Semine, une des quelques rivières qui a pris de l’eau avec les pluies de vendredi. Nous jetons un coup d’oeil au niveau d’eau à Saint-Germain-de-Joux puis à l’arrivée du parcours des gorges P0: ça a l’air navigable et de toute manière on ne connait pas le P1 (qui comporte un infran aussi).

Direction l’embarquement, le parking est accessible cette fois-ci: en mars dernier il y avait 50cm de neige partout, mais un peu plus d’eau dans la rivière. Au bout de 50m, il faut déjà dégager un tronc qui barre la rivière: la couleur est donnée ! Les paris sont lancés sur le nombre de portages, Raph mise sur plus de 10, je suis plus optimiste avec un objectif à moins de 10.

La Semine serpente dans une belle gorge, boisée, profonde, isolée. Au programme, de très belles chutes, dont certaines sont à porter (soit par manque d’eau, soit à cause de la hauteur, soit tout simplement parce qu’il faudrait être fou pour tenter ça car c’est un infran). Comme la forêt est difficile d’accès, elle est peu entretenue, et donc les arbres tombés dans la rivière sont légion, la vigilance est de mise sur l’eau. Le sol est couvert de feuilles et d’humus, souple mais glissant, les couleurs d’automne font leur apparition.

Parfois un rayon de soleil souligne le vert des feuillages et de la mousse omniprésente sur les troncs. Le ciel bleu chargé de nuages blancs ajoute une touche lumineuse à ce cadre magnifique. Cela fait bien longtemps que le grand rapace et le héron cendré qui nous ouvrent la rivière n’ont pas vu de présence humaine. Sur la route du retour, c’est un petit chamois qui file se cacher dans la forêt -heureusement pour lui, le chasseur avec son gros fusil à lunette se trouve sur l’autre versant de la gorge !

En résumé: peu d’eau, des cailloux moussus qui ne rayent pas trop les kayaks, pas mal d’arbres qui barrent le rivière (plus ou moins gros), un saut à pied de 5m dans une vasque pour éviter un portage, et de la marche sur un étroit chemin à peine visible pour porter le bel infran (de l’eau qui s’engouffre dans un brèche étroite de roche dure et plonge dans une grande vasque avec une voute de roche dure -toujours la même- au dessus).

Au final, nous ferons 8 portages (un de moins pour Raph qui saute le premier barrage). Le paysage est tellement beau que le kayak s’en trouve plus léger et se fait presque oublier lors des épisodes de marche à pied. À tel point qu’un certain Fluid rouge tenta de me prendre pour une quille en se prenant lui-même pour une boule de bowling dévalant la pente, heureusement il n’y eut pas de strike !

Comme on dit dans le milieu, ça peut prendre de l’eau. On reviendrait bien avec 60m3/s, et des scies aussi ! Je regrette vraiment de ne pas avoir pu vous ramener de phot de cette belle gorge. Pour vous consoler, j’ai ramené une échelle limnimetrique.

(suite…)

Par Denis, il y a

Compte rendu sortie Vénon – samedi 28 septembre 2013

Sortie rivière à la journée sur le Vénéon.

Parcours P2 : Camping de la Bérarde – Pont Romain de Champhorent

La fine équipe : Jérôme, Bertrand V., Ale, Colas, Marie-Laure et votre rédacteur.

La vallée de la Bérarde est déserte, les premières couleurs d’automne font leur apparition. Les zones herbeuses en altitude virent au brun et certains bouleaux dans la vallée commencent à revêtir leur feuillage doré. L’eau du Vénéon coule en contrebas de la route -bien plus bas, dans la gorge tout au fond de la vallée-, elle est d’un bleu turquoise incroyable.

Seulement voilà, nous ne sommes venus ici pour simplement admirer le paysage ou cueillir des fleurs. Les rochers du lit de la rivière attendent de voir passer nos coques colorées et le bout de nos pagaies, voire nos ponts subitement retournées !

Sur le parking de l’embarquement, nous cassons la croûte avant de nous changer. Enfin, plus précisément, ceux qui n’ont pas l’estomac en vis de pressoir mangent un peu alors que d’autres ne dorment déjà plus depuis deux jours et sont incapables d’avaler quoi que ce soit. Et oui, même si le niveau d’eau est bas, ça reste du IV ce Vénéon.

Je vous épargne les détails sur la navette et le boulet qui oublia ses sandales dans le sac avec les affaires sèches à l’arrivée (même après des années de pratique, toujours vérifier que l’on a tout et même le demander à la ronde avant de partir faire la navette !).

L’eau du Vénéon est froide. Il ne faudrait pas moins d’eau mais tout passe sans frotter. Bien entendu, personne n’est à l’abri d’une cravate, bien des rochers sont émergés. À l’approche du rapide du photographe -que nous avions regardé depuis la route en passant- l’ouvreur nous refait le coup de la planche à laver: hop on y va sans rien dire et tout le monde suit, innocemment. Sauf Marie-Laure qui perd ici un peu de son innocence. Pas bon du tout pour le moral des troupes ça; on est proche d’un abandon massif de 33% des effectifs du groupe.

Mais le groupe reste soudé, désormais nous irons reconnaître et sécuriser les passages difficiles afin de rassurer tout le monde. La descente se poursuit, il ne faut pas relâcher l’attention car le niveau de navigation est continu et il n’y a pas de zones de répit. Et laissez moi préciser que contrairement aux croyances communes, le Cerro est parfaitement adapté à cette rivière manœuvrière !

Les reprises sont parfois tremblotantes, mal assurées à la perspective de se lancer dans le passage qui vient d’être reconnu. Le stress du stop en amont d’un passage à reconnaître donnera aussi lieu à un bain inutile, la faute à une berge frôlée de trop près pour d’obscures raisons de soi-disant sécurité. C’est bien connu, il y a plus de cailloux quand on se rapproche des berges, mais parfois le kayakiste perd sa lucidité au détriment d’une navigation propre.

Arrivés à l’infran, nous allons y jeter un coup d’œil: un caillou en réception du seuil est effectivement très dissuasif ! Portage dans la caillasse.

Vers la fin, Colas nous fera une bonne frayeur en faisant un bac juste au dessus d’un rocher drossant/siphonnant. Alors que tout le monde avait fait attention à serrer la gauche, voilà qu’il part se coller en cravate sur le rocher. Ni une ni deux, tout le monde sort précipitamment de son bateau pour lui porter secours. Pour ce qui est du temps de réaction, rien à redire, en revanche le placement des secours n’était pas idéal. Bertrand part en face mais le stop est difficile et il manque de se renverser; Jérôme et moi sommes sur la berge opposée à Colas et à part lancer une corde, nous ne pouvons pas intervenir correctement. Il aurait fallu traverser la rivière et aller l’aider à pied.

Plus de peur que de mal, Colas garde son sang froid et sort finalement de son bateau tout seul. Pendant ce temps là, Marie-Laure -qui porte sur le chemin au dessus de la rivière- tente d’expliquer à des randonneurs que le kayak est une activité ne présentant absolument aucun risque et accessible à tout le monde ![/!\ Attention second degrés, on ne plaisante pas avec la sécurité. Seulement le risque est inhérent à la pratique du kayak, on essaie de le maîtriser; d’ailleurs, venez à la journée sécurité à Saint Pierre]

Le pont Romain qui marque l’arrivée est toujours aussi joli. Le portage pour rejoindre le parking est toujours aussi dur !

(suite…)

Par Denis, il y a