14 mai 2021, 16,5 m3/s au Cheylard, 8 m3/s à Tisonèche, niveau d’eau correct

Participants : Anna, Alexei, Pierre Yves, Géraud, Raph, Jérôme, Loïc , Nicolas F, François, Luc, Stéphane, Christelle,

Lors du petit dej, tranquille chez Christelle, les discussions vont bon train. Ils avaient déjà parlé hier des meilleures options, les plus proches bien sûr car le kayakiste est un être de raison : le classique Lignon du Velay, ou bien la Dunière une touche d’originalité tout en étant encore plus proche. La veille, les débats avaient occupé une partie de la soirée, ça ne les empêche pas d’occuper le petit déjeuner. Car ce que le kayakiste aime presque autant que remémorer théâtralement les mésaventures précédentes, c’est planifier les suivantes. Au moment de monter dans les voitures, la discussion est encore en cours. Et il y a parmi les aventuriers un conducteur sans téléphone portable : le groupe s’astreint donc, presque à regret, à choisir la destination AVANT de monter dans les véhicules.

C’est donc l’instant subtil où tout le monde s’accorde pour aller en vallée de l’Eyrieux, sur l’Eysse. Si ce choix peut paraître incongru au lecteur non averti, c’est en fait un signe de la sagesse quasi-prophétique du kayakiste. En effet, en ce vendredi 14 mai, nos athlètes saucisson-bière ont ainsi pu profiter de :

* abandonner la voiture de Nico certes, voyant rouge allumé, vomissant des litres d’huiles du tarmac jusqu’au toit, mais devant son garagiste habituel

* envoyer Anna aux manettes de la mission « courses », sage précaution

* arriver dans une vallée belle et ensoleillée

* se croire en Corse, sur une eau translucide qui serpente avec puissance et élégance dans un granit visiblement taillé pour le plaisir du kayakiste

* voir Raph capitaine de sous-marin dans le passage V

* voir Nico encordé qui, vraisemblablement dans un esprit de compétition, a tenté d’arriver au pied du seuil avant Raph

* porter le-dit passage V en sachant pourquoi

* voir plusieurs kayakistes attirés par l’extrême droite qui, en voulant sauter un barrage vraisemblablement républicain, se retrouvent garés dessus et peinent à retrouver la voie médiane

* tenter de battre un record club, deux bains en 30 mètres par la même personne. Ceux qui ont vu prétendent même que se trouve dans ces 2 bains le plus beau de la descente. Alors, les vieux du club, record battu ?

* terminer le parcours, au bout de la troisième tentative pour certaines

* rentrer chez Nico et coller les personnes les plus compétentes en cuisine pour une délicieuse soirée crêpe

Le kayakiste cherche souvent le bonheur ; mais quand il fait la paix en lui, oublie les injonctions contradictoires d’une société malade, se connecte à son enfant intérieur, brûle un cierge ou fait un rite vaudou, il trouve la réponse : son paradis est dans la vallée de l’Eyrieux. Lecteur, prends-en de la graine : prends plaisir à discuter la destination du lendemain, à manier le verbe, à convaincre tes interlocuteurs, à rallonger le petit déjeuner pour poursuivre le débat. Puis va sur l’Eysse.

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