==> Par Christelle

Seulement 4 inscrits pour naviguer sur cette rivière du bout du monde. Certes c’est un peu loin mais un bivouac à mi-parcours du côté de Mende coupe le trajet et permet le lendemain de faire le marché de Mende et de goûter aux pains au levain, châtaignes et raisins de la région.

Certes, rien qu’à la pensée du vélodrome, du démoniaque escalier de Lapeyre ,de l’ex-infran, du fend le cul et j’en passe, je comprends que cela puisse rebuter quelques navigateurs. Pas de moins de 12 km de rivière et de 4 h de navigation.

Enfin, les plus téméraires étaient tous là. Philippe Calu et son banjo, l’intrépide Sylvain Chabrut ex-CKTSV, le petit Choukri et ses acouphènes… Plus de 300 kayakistes se sont retrouvés pour la descente mythique le l’Agout.

Samedi et dimanche, la descente se fait sous le soleil avec tout de même au
départ un petit 6°C dans les embruns du lâcher

Pour le 1 er jour, RAS. 16 m3. L’escalier de Lapeyre se passe ou se porte. Un
petit bain est à noter tout de même pour Cricri en fin de parcours sur le fameux fend le cul.

Elle a essayé de passer par-dessus un ENORME pleureur et a fini avalée par celui-ci et mise sur le toit côté gauche. Assez courageuse, elle n’est pas sortie de son kayak mais pas suffisamment gonflée tout de même pour tenter un tour complet sous son kayak (elle n’esquimaute que du côté droit). A l’envers sous son bateau, elle a attendu une main en l’air la pointe d’un de ses valeureux co-équipiers. Mais à quelques mètres du rapide, les discutions allaient bon train : rénovation de maison, zéro consommation d’énergie, éoliennes de Jojo… Elle a fini par faire sauter la jupe au bout de 3 mn le visage rubiconde.


La fin de journée se termine avec les retrouvailles au camping de Brassac autour de bons verres de vin rouge. On échange sur les exploits de chacun, les figures, les bains, les trajectoires à tenter le lendemain, des retours sur des navigations mémorables. Le sigle CKTSV fait briller les yeux. La renommée de notre club a dépassé les frontières de la région Rhône-Alpes !

Venons-en au dimanche. Hi ! Hi ! Hi !!! 18 m3.
Un petit esquimau de Cricri sur un rapide sans nom. Elle tombe encore du côté gauche mais cette fois-ci elle n’attend pas ses petits potes pour l’aider … Elle s’en sort toute seule mais se fait tout de même sermonner par Jéjé pour le mauvais angle d’attaque du rouleau. Elle reste stoïque.


L’escalier de Lapeyre se porte ou se passe sur ou SOUS l’eau. Anna armée de la pagaie de Raph pour tout le WE est titillée par l’envie de le passer mais se
dégonfle. (Le deal : je te prête ma pagaie si tu passes Lapeyre.) Voir passer le fougueux Eric Deguil (4 fois champion du monde de kayak extrême) laisse sous le charme et éveille bien quelques velléités mais… non.

Pour augmenter les chances de réussite du passage, il faut viser la rive gauche. Jéjé, comme la veille, prend cette option. Mais 18 m3 c’est plus violent que 16 m3 et Jéjé s’en voit déstabilisé. Il percute la falaise sur la rive gauche et se retrouve à l’envers dans le 2 ème seuil. Il s’éjecte de son kayak et finit le rapide en étoile de mer. Il sort de l’eau et monte sur un rocher pour photographier ses copains qui attendent leur jugement dans le contre.

Peut-être encore un peu sonné par son bain, son escalade s’achève par un violent coup de tête dans la falaise et il se retrouve avec la tête enfoncée de 5 cm entre les deux omoplates.

Voilà, tout est dit sur le rapide de Lapeyre.

Encore un petit esquimau pour Cricri dans l’ex-infran. Pour Nico et Anna, RAS, descente parfaite, même pas un appui !

A l’arrivée Christelle se permet d’expliquer à Jérôme avec beaucoup humilité les raisons de son bain sur Lapeyre. « On ne rentre pas dans un rouleau en mi- molle, on doit mettre son bateau perpendiculaire au rouleau et non avec un angle de 30°. » Et là elle n’y tient plus, ses nerfs la lâchent et elle lui crie que « l’on met du poids sur l’avant de son kayak, la pagaie vers l’avant prête à accrocher derrière le rouleau. Et que tout ça, tu le sais !! J’ai toujours l’impression que tu repars de zéro à chaque sortie !!!!! »


Après un pique-nique face aux chutes du barrage de Pontviel, Nico part dans sa famille sur Albi préparer ses affaires pour son séjour de WWOOF chez Amélie. Anna reprend la direction de la maison avec Jérôme et Christelle. Elle aussi doit préparer son sac pour aller jouer la WWOOFeuse et autre partition…. chez Amélie

Sinon, traverser la Hte-Loire, la Lozère, l’Aveyron et le Tarn en cette saison, quel délice ! Des étendues de feuillus aux couleurs automnales se déroulent sous vos yeux, montant des profondeurs, descendant des plateaux, chargés de petits villages en pierres et en lauzes.

kayakistes : Nico, Anna, Jérôme, Christelle + les renforts externes de Luc, Choukri , Valérie, Rodrigo

Catégories : Récits sorties