Jamais ton trou dans l’eau n’se referma

C’est avec stupeur et tristesse que j’ai appris le décès de Nicolas Gauthier.

( cliquer sur la photo pour accéder à l’album)

On avait en commun la passion du kayak et surtout du voyage…pour ma part je reviens d’un voyage en Autriche et Italie…je garderai le souvenir des grandes discussions d’anciens voyages et de futurs.. notamment en Namibie en juin dernier sur la Vézère…je pense à sa famille.

Eric


Tu savais les étoiles, les oiseaux et tout plein de belles choses. Tu savais les partager, les jumelles au cou et le chapeau sur la tête.

 Tu vas me manquer. Tu savais écouter, parfois sans entendre, perdu dans tes pensées, parfois de longs moments, en douceur.

Tu partageais volontiers un verre, en discutant le bout de gras, aux aguets de nouvelles découvertes au goût d’aventure. Tu aimais les bonnes choses, que l’on mange, on boit, on apprend, tu les savourais avec nous.

Tu te perdais parfois dans les étapes de réalisation de projet tout con, comme mettre une un pied dans une chaussette puis dans une chaussure, puis recommencer avec l’autre pied. Dans un groupe de kayakiste et d’amis, tu temporisais. Tu riais avec les autres qui riaient de ta gaucherie. On se marrait bien avec toi.

T’étais un bon copain, un beau camarade de périple, et un homme bon. Je souhaite garder un peu de toi en moi, longtemps.

Jean Sylvain


 

Un jour de Pâques, au bord d’une rivière….

  Pas question de rater les œufs en chocolat à cause d’un stage de kayak…

Alors pour rire avec Annabelle, on en avait caché partout dans les bateaux, les jupettes, les gilets de sauvetage et même dans les bottillons…

Chasse aux oeufs pour tout le monde avant d’embarquer, histoire d’éviter les mauvaises surprises gluantes sur la rivière !

Et toi, Nico, tu avais pris ton temps pour t’habiller comme d’habitude…

(Mais comme d’habitude, toi, tu avais pris le temps de prendre soin de ranger ton sac bien comme il faut, plutôt que de le balancer comme la plupart d’entre nous, en vrac, dans le coffre du camion au risque de retrouver sa petite culotte dans la chemise du voisin… )

Tu avais pris le temps… alors il n’y avait déjà plus d’œufs sur la plage quand tu es arrivé et les bavardages parlaient déjà du prochain rapide…

Reprise de courant, appel…

Ce n’est qu’à l’arrivée que tranquillement, discrètement avec humour, tu avoueras avoir sorti un pied chocolat/caramel de ton bottillon !

Merci pour ton amitié Nico, riche, généreuse, sincère, souriante.

Ta présence discrète mais au combien emblématique de notre troupe de pagayeurs nous manque déjà…

Marion

 


 

Tu ne le savais sans doute pas mais tu étais une véritable référence pour moi à bien des égards. Tel un métronome tu me permettais de recaler mon rythme. Pas seulement pour ces moments ou je t’attendais dans un contre courant, moments privilégiés pour ressentir la rivière beaucoup plus efficacement que si j’avais filé tout droit.

 A une époque où l’on a l’impression que tout va toujours plus vite et qu’il faut suivre le rythme, toi tu te doutais que cela n’était qu’une illusion et qu’il n’était super utile de rentrer dans cette boucle où les équations avaient de toute façon trop d’inconnues pour être résolues. Ta sapience aussi était tout à fait remarquable à mes yeux. Car rester curieux est une chose, mais être capable d’apprendre et de restituer à l’heure où internet a modifié notre façon de penser et où l’on consomme de l’info sans rien retenir, et bien c’est une autre chose, et ce n’est pas donné à tout le monde.

Enfin que dire de ta gentillesse, simple et efficace, mais la simplicité n’est pas chose facile. Je suis bien content d’avoir pu te connaitre et d’avoir été dans des rivières aussi mythique que le Verdon avec toi , mais je m’en mord les doigts de ne pas avoir pu t’en raconter plus sur les cailloux de nos rivières et inversement de ne toujours pas savoir distinguer la buse du milan royal. Le monde serait bien moins fou si il y avait + de Nico G parmi nous.

Raph


Tu n’étais jamais pressé et cela nous faisait souvent sourire mais c’est parce que tu savais écouter et regarder, prendre ton temps pour savourer l’instant présent.

 Je me souviens particulièrement de notre goût commun pour la botanique et la nature, de plusieurs bons moments de partage entre copains kayakistes où j’avais apprécié ta gentillesse, des jolies photos que tu nous envoyais par mail.

Bien sûr, tu n’as pas choisi de nous fausser compagnie et tu vas d’autant plus nous manquer Nicolas.

Pascale


Nicolas Gauthier est décédé en Juillet dans un accident de la circulation en Namibie. Que ce soit arrivé précisément à  lui, si prévoyant et précautionneux me semble encore plus injuste. J’ai appris par la suite que c’était la seule voiture qu’ils avaient croisées de la journée !! Il y effectuait un séjour de 15 jours avec des amis à sillonner en 4×4 les parcs nationaux.

 J’ai vu Nicolas pour la dernière fois fin juin à l’occasion de notre journée rassemblement à St Pierre de Bœuf. Il devait rentrer sur Lyon après la navigation, puis après l’apéro, puis après le barbecue, puis après un dernier papotage ………  pour finalement dormir sur place. Non sans avoir changé 3 fois d’emplacement pour sa tente, afin de fuir des  jeunes qui braillaient près d’un feu.

Il déclina par la suite un we kayak fin juin dans les Alpes afin de préparer méticuleusement son voyage. Il souhaitait peaufiner sa connaissance de la faune locale et des constellations l’hémisphère sud. « J’ai du travail » répétait-il d’ailleurs sur place à ses amis pour justifier les heures passées en observation derrière ses jumelles. Déjà au printemps dernier, lors de notre séjour dans les Pyrénées,  il ne lâchait sa pagaie que pour se saisir de sa paires de jumelles vissées autour du cou. En journée, il observait les rapaces et la nuit , les étoiles.

C’est d’ailleurs un rapace – le gypaète – qui lui fit rater le débarquement sur le Rio Ara.

Après le rapide du « Formule 1 », la rivière baisse d’un cran pour finir en classe II.  Le groupe s’étire et bien sur Nicolas se retrouve bon dernier. D’abord 10 m derrière moi, puis 100, puis 500 , puis je ne le vois plus. Au bout d’un moment, la culpabilité me gagne et je m’arrête dans un contre pour l’attendre. Je poireaute 1/4 h dans le bateau en vain. Finalement je débarque et remonte la rivière à pied pour aller à sa rencontre. J’aperçois au loin son bateau sagement posé sur la berge mais pas de Nicolas en vue.  « Mais qu’est-ce qui fou, bordel » !! Je repars agacé et déculpabilisé. J’apprendrai 1 heure et demi plus tard quand il nous aura retrouvé, qu’il avait vu un gypaète sur la berge, que des gypaètes nichaient sur les falaises en face de notre spot de camping sauvage et donc il en avait déduit que ce devait être le débarquement. Il s’était gouré de 3 km sur un parcours de 4 km.

Il avait ce petit côté décalé qui  te faisait le surveiller un peu plus que les autres sur l’eau. Il connaissait ses travers et en riait de bonne volonté. Une fois que je m’agaçais de le voir baigner sur un rapide facile , il m’expliqua alors qu’il était comme ces espèces animales qui à chaque génération doivent parcourir tout le chemin de l’évolution jusqu’à leur stade actuel (j’ai oublié le nom scientifique du phénomène en question que je lui ai pourtant demandé plusieurs fois). A chaque sortie m’a-t-il dit, il devait refaire en accélérer tout son apprentissage depuis ces débuts au Grand large il y a 20 ans – quand il n’osait pas faire de circulaires et que Maryvonne devait lui tourner son bateau en taponnant sa pointe avant avec le sien – jusqu’à aujourd’hui où dans ses bons jours, il ne ratait aucun stop dans du IV.  Il parcourait son évolution de plus en plus vite mais il lui arrivait encore d’avoir quelques bonne absences.

Il abhorrait les généralités et avait en permanence le soucis du détail et de la précision. Son sens de l’observation doublé de sa connaissance encyclopédique te faisaient voir les événements sous un autre angle. Les sorties avec lui étaient plus enrichissantes, il allait forcément se passer un truc inattendu à un moment ou un autre . Que ce soit sur l’eau ou en dehors. Tu m’auras agacé plus d’une fois mais éclairé encore plus souvent. J’aurai aimé que tu m’agaces encore quelques temps.

Jérôme


Pour ce qui est du Nico, je ne le connaissais pas encore qu’il me prêtait tout le matos  dont j’avais besoin pour aller faire du kayak de mer à Marseille.

Je l’ai ensuite découvert sur le stage de printemps dans les alpes du sud. Certes un peu loufoque, du genre à se mettre en galère où il n’y a pas de raison d’aller (mais il y avait déjà du monde d’arrêter là, et il aimait bien les gens). 3/4 photos avant la reprise, et c’est repartit. Ou du style tout le monde est prêt à embarquer, et il va étudier les fleurs.

En tout cas, je crois que c’était un chic type, je l’ai jamais entendu se plaindre et lorsqu’il parlait des étoiles, de la nature ou autre, c’était jamais pour se mettre en avant.

Enfin, tout ça, tu le sais bien mieux que moi.

Profitons des gens pendant qu’ils sont là!

Seb


Je n’évoquerai pas cette fameuse Guisane où Nicolas avait choisi de ne plus bouger au beau milieu de la rivière. Ou à son kayak,  en le laissant s’échapper a failli emporter la tête du photographe….

Nicolas avec son esprit m’a bien marqué. Surtout je me souviens de discussions incroyables sur les étoiles mais aussi la fois où en 2014 il a ouvert la fin de la classique de l’Ubaye…

j’ai une pensée pour sa soeur, Nicolas était vraiment quelque d’apaisant

 

Sylvain