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Compte rendu sortie Vénon – samedi 28 septembre 2013

Sortie rivière à la journée sur le Vénéon.

Parcours P2 : Camping de la Bérarde – Pont Romain de Champhorent

La fine équipe : Jérôme, Bertrand V., Ale, Colas, Marie-Laure et votre rédacteur.

La vallée de la Bérarde est déserte, les premières couleurs d’automne font leur apparition. Les zones herbeuses en altitude virent au brun et certains bouleaux dans la vallée commencent à revêtir leur feuillage doré. L’eau du Vénéon coule en contrebas de la route -bien plus bas, dans la gorge tout au fond de la vallée-, elle est d’un bleu turquoise incroyable.

Seulement voilà, nous ne sommes venus ici pour simplement admirer le paysage ou cueillir des fleurs. Les rochers du lit de la rivière attendent de voir passer nos coques colorées et le bout de nos pagaies, voire nos ponts subitement retournées !

Sur le parking de l’embarquement, nous cassons la croûte avant de nous changer. Enfin, plus précisément, ceux qui n’ont pas l’estomac en vis de pressoir mangent un peu alors que d’autres ne dorment déjà plus depuis deux jours et sont incapables d’avaler quoi que ce soit. Et oui, même si le niveau d’eau est bas, ça reste du IV ce Vénéon.

Je vous épargne les détails sur la navette et le boulet qui oublia ses sandales dans le sac avec les affaires sèches à l’arrivée (même après des années de pratique, toujours vérifier que l’on a tout et même le demander à la ronde avant de partir faire la navette !).

L’eau du Vénéon est froide. Il ne faudrait pas moins d’eau mais tout passe sans frotter. Bien entendu, personne n’est à l’abri d’une cravate, bien des rochers sont émergés. À l’approche du rapide du photographe -que nous avions regardé depuis la route en passant- l’ouvreur nous refait le coup de la planche à laver: hop on y va sans rien dire et tout le monde suit, innocemment. Sauf Marie-Laure qui perd ici un peu de son innocence. Pas bon du tout pour le moral des troupes ça; on est proche d’un abandon massif de 33% des effectifs du groupe.

Mais le groupe reste soudé, désormais nous irons reconnaître et sécuriser les passages difficiles afin de rassurer tout le monde. La descente se poursuit, il ne faut pas relâcher l’attention car le niveau de navigation est continu et il n’y a pas de zones de répit. Et laissez moi préciser que contrairement aux croyances communes, le Cerro est parfaitement adapté à cette rivière manœuvrière !

Les reprises sont parfois tremblotantes, mal assurées à la perspective de se lancer dans le passage qui vient d’être reconnu. Le stress du stop en amont d’un passage à reconnaître donnera aussi lieu à un bain inutile, la faute à une berge frôlée de trop près pour d’obscures raisons de soi-disant sécurité. C’est bien connu, il y a plus de cailloux quand on se rapproche des berges, mais parfois le kayakiste perd sa lucidité au détriment d’une navigation propre.

Arrivés à l’infran, nous allons y jeter un coup d’œil: un caillou en réception du seuil est effectivement très dissuasif ! Portage dans la caillasse.

Vers la fin, Colas nous fera une bonne frayeur en faisant un bac juste au dessus d’un rocher drossant/siphonnant. Alors que tout le monde avait fait attention à serrer la gauche, voilà qu’il part se coller en cravate sur le rocher. Ni une ni deux, tout le monde sort précipitamment de son bateau pour lui porter secours. Pour ce qui est du temps de réaction, rien à redire, en revanche le placement des secours n’était pas idéal. Bertrand part en face mais le stop est difficile et il manque de se renverser; Jérôme et moi sommes sur la berge opposée à Colas et à part lancer une corde, nous ne pouvons pas intervenir correctement. Il aurait fallu traverser la rivière et aller l’aider à pied.

Plus de peur que de mal, Colas garde son sang froid et sort finalement de son bateau tout seul. Pendant ce temps là, Marie-Laure -qui porte sur le chemin au dessus de la rivière- tente d’expliquer à des randonneurs que le kayak est une activité ne présentant absolument aucun risque et accessible à tout le monde ![/!\ Attention second degrés, on ne plaisante pas avec la sécurité. Seulement le risque est inhérent à la pratique du kayak, on essaie de le maîtriser; d’ailleurs, venez à la journée sécurité à Saint Pierre]

Le pont Romain qui marque l’arrivée est toujours aussi joli. Le portage pour rejoindre le parking est toujours aussi dur !

CR WE du 8-9 Septembre 2012 sur le Vénéon

Le Vénéon dévale des Ecrins du cote de La Bérarde (38). Il se navigue essentiellement en Septembre sur fonte des glaciers.


Samedi 8 Septembre

Venéon (partie haute) – La Bérarde – Champhorent

~ 8 Km de III(4) puis IV/IV+ (5+)

niveau d’eau : moyen

durée : 2h30

Ce parcours offre 2 visages. Du III jusqu’ « aux Etages », puis ça se corse vers la mi parcours à partir du rapide du Photographe.

Mister President sortie vainqueur d’une séance de border cross dans une des grilles de la partie haute. Le perdant se tapa un esquimau moitié avec le fond, moitié avec la pointe du bateau de Marc dans l’orbite de l’oeil gauche. Par la suite, nous fûmes à la hauteur. Appliquant à la lettre les préceptes du Bushido  « Devant de grandes difficultés, il ne faut pas chercher les chemins de traverses mais affronter l’épreuve dans sa globalité. »

Bien sur, cela donne lieu à qques improvisations plus ou moins heureuses. Benoit réussit un stop micral dans un des gros passages. Galvanisé, il se lance à l’assaut du 2ieme stop du rapide…. qui n’en est pas un. Trop petit, trop fuyant, … bref le voilà embarqué en marche arrière, en traviole dans un dévaloir sans visibilité. David à pied, a juste le temps de lui gueuler « A gauche, à gauche » pour la sortie un peu scabreuse  Par solidarité, l’équipe enchaine derrière lui et tout le monde se retrouve dans le stop en dessous ………. hormis le Frédo qui confond sa gauche et sa droite.

Le 5+, on porte. Marc hésite pour débarquer, gauche/droite, se décide finalement pour la gauche, rate le stop, se fait dégueuler sur les cailloux, se retrouve en marche arrière dans le courant principal avant de découvrir miraculeusement un stop en contre-bas avant le gros du passage .

Repérage du rapide qui suit. Ca tergiverse, Ben prend les choses en main. Il passe le seuil d’entrée, puis enchaine le rapide à la surprise générale. Un seuil merdique à franchir sur une dalle qui à la bon gout de vous fracasser sur une pavasse à gauche, puis de t’emmener vers un drossage assez fermé, que notre président négocie les doigts dans le nez …… en marche arrière

 

Dimanche 9

Venéon (gorge moyenne) – Les Clots – St Christophe

~ 5 Km V (5+,X)

niveau d’eau : moyen

durée : 4h

Solide sur les appuis, la testostérone en hausse, le moral au taquet, on est près à en découdre. Décision est prise de se frotter le lendemain à la gorge moyenne. Un cran au dessus et moins connu.

Le samedi soir, on papote avec un groupe qui vient de le faire.

– Le passage obligatoire , il a changé

– « Ah, il a changé ? » ( « nous », une pointe de doute dans la voix)

– Avant tu filais à droite et tu allais te caler dans le stop puis reprise pour contourner la chicane

– Oui, c’est ça.

– Maintenant, tu files à droite mais … trop à droite, tu te tapes le drossage qui te retourne comme une crêpe, pas assez , tu te tapes le siphon de gauche, au milieu , tu te tapes le siphon du milieu

– Ah (la voix carrément étranglée) Comment tu fais alors ?

– Et bien au milieu mais tu te grouilles d’enquiller la chicane avant le siphon.

– Tu peux porter ?

– Certains ont essayé…. faut pas rater le stop qu’on voit au dernier moment

– Et le reste alors ?

– Non mais faîtes le, c’est sympa……..

 

Le moral et la testostérone en prirent en coup, le bushido finalement, c’est des conneries. Le cassoulet avait tout à coup du mal à passer. Le doute s’insinua dans l’équipe qu’on noya dans l’alcool.

Le lendemain Jean Claude réveilla tout le monde à l’aube. L’idée était de faire la gorge avec un minimum d’eau. Dans la bagnole, on entendait les mouches volées. En sortant, on allait tous pisser 3 gouttes avant d’enfiler la combin.
Le début est extra. Du II / III engorgé, les sommets enneigés derrière nous, une myriade de cascade se déverse dans le Vénéon. On pestait  contre ces P#@!!ù$ de cascades qui amènent de l’eau dans la rivière. Au bout de 2 bornes, on tombe sur le passage infran, un éboulis qui obstrue complètement la rivière. On porte et fin du bonheur.

Le S, on passe.
Un seuil contre la falaise , très malsain, on porte
Un long rapide suivi d’un chicane avec un seuil en sortie et un siphon plus loin …….. on porte
Le seuil de l’arbre, ………. . Rappel, bon on porte
Le long rapide , plus facile qu’avant mais 5+ qd même………. ben on porte
Le seuil étroit à prendre à Mach 2. On passe, enfin on tente. 2 écoles s’affrontent. A Mach 2 avec une bonne giclée, ça passe. Ccontre la falaise, le bateau plaquée, la pagaie dans une seule main, on baigne
Le rapide quasi obligatoire en fin de gorge……. on porte. 3 mètres de portage, 1h d’effort
Enfin, la gorge s’ouvre, la rivière devient moins hostile, le moral remonte
Le rapide qui suit, …….. on baigne. Le morale rebaisse
Le grosse grille finale …….. on fait quoi ? on passe, on porte
Le seuil en entrée III. On passe, on porte où on baigne
Le III qui suit, on passe, on baigne.

Bilan de la descente : 2h de portage, 2h de kayak tremblotant, des ampoules au pied pour tout le monde, des démissions en cascade, des bateaux à vendre…  . Une illustration en somme de la notion de plaisir différé. Après qques jours de recul, assurément un parcours à refaire. Le cadre est somptueux, les rapides sains … et tout se porte

Participants : Aurélien, Benoit, Jérôme ,Jean Paul (ext.), David ( ext), Frédo (ext.), et Marc le samedi